qu'est-ce que le coaching féministe ?

Retranscription du podcast Glamazone Studies – Episode 5

Profitons de la fraîcheur d’une soirée d’été pour mettre notre vinyle préféré, nous préparer un cocktail désaltérant et nous laissez porter au fil de la conversation.

Comme dans chaque épisode de ce podcast, je fais le lien entre pouvoir du Glamour, empouvoirement et féminisme.

Ce soir, je lève le voile sur mon activité. Je propose de nous baigner dans cette atmosphère enveloppante, de prendre à témoin la voie lactée qui nous abrite pour refaire le monde. Avec ses dérives, ses charlatans, ses tendances new-age et ses tentatives de régulations, l’univers du coaching fait peur.

Pourtant, c’est dans cette galaxie où le combat entre le Bien et le Mal fait rage que j’ai choisi de diriger mon embarcation. À la barre pour me guider, une vision féministe intersectionnelle du métier qui propose de mêler conscience sociale à la conscience de soi pour accompagner le plus justement possible les clientes et clients.

Un épisode où je détaille la pratique du coaching féministe, car non, il ne suffit pas d’être féministe et coach pour être accompagnant ou accompagnante féministe.

Alors, concrètement, qu’est-ce que le coaching féministe ?

une approche héritée de la thérapie féministe

Apparue à la fin des années 60, la critique féministe de la psychothérapie a révolutionné la pratique au fil de ses décénnies d’exitence . Bien qu’elle soit issue d’une réflexion proche des psychothérapie humaniste, elle s’en détache par sa prise en compte des systèmes d’oppression dans la pratique du suivi thérapeuthique.
 
Elle est née du constat alarmant qu’il n’existait aucune preuve empirique pour soutenir le traitement sexiste de la femme comme individu inférieur dans les cabinets psy. Les seules études menées pour arriver à ces conclusions étaient menées sur des rats femelles, des femelles chimpanzé ou des hommes cis hétéro blancs. En zoologie, l’étude même du comportement des animaux était imprégné de sexisme et de préjugés sur le genre.
 
Alors que le féminisme réformiste souhaitait augmenter le nombre de thérapeutes femme, le féminisme radical affirmait que plus de femmes dans des institutions intrinsèquement oppressives ne changerait rien. A la place, ces féministes affirmère que pour qu’une thérapie soit féministe, il ne suiffit d’avoir un thérapeuthe qui ait des valeurs féministes. Il faut questionner et renverser les dynamiques de pouvoirs au sein de la société comme au sein du cabinet de consultation.
 
La détresse des femmes est perçue comme une problématique d’oppression systémique, si l’on travaille sur la prise de conscience de ces systèmes d’oppression, que l’on apprend des manières d’y répondre non nocives pour soi, alors nous progresserons vers plus d’autodétermination.
 
Au fil des décennies, la thérapie féministe a continué d’intégrer les évolutions des théories féministes et des combats pour plus de justice sociale.
 
Elles intègrent donc les questions de racisme et d’intersectionnalités des expériences, puis questionnent la binarité du genre et son impact sur la construction de l’individu.

 

L’objectif de la thérapie féministe est d’aller au-delà du palliatif pour transformer et atteindre la libération des patients par l’empouvoirement et la création d’une conscience féministe.

 
 

Si l'on ne combat pas activement les systèmes d'oppression en place, alors on y participe.

une définition du coaching féministe

Qu’est-ce que le coaching féministe ?

La théorie du coaching féministe est une approche intégrative qui combine la pratique du coaching avec les philosophies féministes et les enseignements de justice sociale.

En adoptant une critique du patriarcat, des systèmes d’oppression et de pouvoir, elle interroge les différentes manières dont nous avons été socialisés et opprimés. Cette théorie observe également comment les dynamiques de pouvoir se manifestent pour le coach et client dans leur quotidien. Cela peut être dans l’atteinte de leurs objectifs, leurs relations avec eux-mêmes, avec les autres et au sein de leurs communautés.

Cette approche s’appuie sur un examen de la dynamique entre la conscience de soi et la conscience sociale pour faire tomber les modes de pensée et d’action dominants, accéder à la libération personnelle et collective, élargir le champ des possibles, identifier les stratégies et les solutions possibles. L’objectif est de créer de nouvelles façons de penser, d’être qui normalise la diversité des expériences plutôt que de créer une norme.

Dans sa démarche, le coaching féministe part du postulat que la société est malade et que les problématiques des coachés sont en partie le résultat des différents schémas d’oppression subits.

Il met l’accent sur l’éducation au trauma et au trauma racial afin de minimiser les dommages, orienter correctement les clientes en cas de besoin. L’accent est mis sur l’intégrité et la éthique de la pratique. Cela passe également par la prise en considération de la dynamique de pouvoir du aux différents privilèges entre la coach et sa cliente.

Tout comme la thérapie féministe, le coaching féministe n’est en aucun cas uniquement pratiqué par des femmes et pour des femmes. Je souhaite le préciser, car dans ma ligne éditoriale, le féminin l’emporte. Les personnes non-binaires et les hommes peuvent tout à fait être coach ou thérapeute féministe comme ielles peuvent bénéficier de ces accompagnements.

Les dynamiques de pouvoir au centre de l’accompagnement

L’objectif du coaching féministe est de remettre le pouvoir de l’autodétermination entre les mains de la cliente. Le Dr Laura S. Brown parle d’une transe collective de désempouvoirement pour décrire le comportement des individus dans le cadre d’une société patriarcale et raciste.

Nous nous serions résignés face à l’inévitabilité de la hiérarchie, l’inaltérabilité des rôles genrés et des autres relations socialement construites.

En invitant les patientes à analyser concrètement dans quels domaines elles ont accès à diverses formes de pouvoir et à se les réapproprier. Par ce biais, le thérapeute peut également déconstruire les croyances sur le pouvoir comme quelque chose de dangereux afin d’accompagner vers plus d’affirmation de soi. Le concept de pouvoir est souvent confondus avec l’abus, la violence.

Le coaching féministe invite à reformuler cette relation au pouvoir. Les clientes qui arrivent en se demandant ce qu’il ne va pas chez elles sont invitées alors à voir leur « défaut à corriger » comme une stratégie de réponse à cette perte de pouvoir et d’autonomie.

 
L’empowerment est au centre de la démarche féministe de l’accompagnement. C’est pourquoi je prendrais le temps de développer ce sujet plus en profondeur dans un prochain épisode de Glamazone Studies.

Une approche intersectionnelle de l’identité

Dans les années 90, les théories féministes de l’accompagnement intègrent le concept d’intersectionnalité. Il étudie les formes de domination, d’oppression et de discrimination, non pas séparément, mais dans les liens qui se nouent entre elles.
L’intersectionnalité partant du principe que les différenciations sociales comme le genre, la race, la classe, la couleur, la nation, la religion, la génération, la sexualité ou l’orientation sexuelle ne sont pas cloisonnées et que les rapports de domination entre catégories sociales ne peuvent pas être entièrement expliqués s’ils sont étudiés séparément les uns des autres.

Kimberlé Crenshaw et Emma DeGraffenreid, deux femmes afro-américaines, sont à l’origine de ce concept qui arrive en France dans les années 2000.

Bien qu’imparfaite, la lentille de l’intersectionnalité reconnait la diversité des expérience et invite à l’intégrer dans les pratiques d’accompagnement.

Qu'apporte un.e coach féministe ?

Se faire accompagner par une professionnelle qui prend en compte les systèmes d’oppression permet de :

  • considérer la personne dans son entière
  • prendre aussi en compte les dynamiques de pouvoir et de privilèges intrinsèques à une relation coach-coachée et tout faire pour créer un espace aussi libératoire qu’égalitaire
  •  

Tout comme la thérapie féministe, le coaching féministe est une approche intégrative, c’est-à-dire qu’elle s’adresse à l’ensemble des dimensions d’une personne en plus des théories féministes : corporelle, spirituelle, personnelle, affective, cognitive, créatrice, relationnelle et sexuelle. Bien que certaines professionnelles se concentre sur un domaine de prédilection, toutes les autres composantes sont également prises en compte lors de l’accompagnement.

Par exemple, une coach féministe qui s’est spécialisée dans la libération du corps abordera aussi bien les aspects somatiques et créatifs que la dimension spirituelle et cognitive pour aider sa clientèle à se sentir bien dans leur peau.

et pour solstice writings ?

Chez Solstice Writings, le féminisme fait partie intégrante de chaque service. Qu’il m’aide à repenser nos manières de communiquer dans mes accompagnements consulting et mentorat ou qu’il soit le cadre de travail de mes coachings, il a pour but de subvertir les réalités patriarcales intériorisées et externalisées qui constituent une source de détresse et un frein à la croissance et au pouvoir personnel de tous les êtres humains.

En conscientisant et en faisant appel à notre part créative, je guide mes clients et clientes vers une réappropriation de certaines parts de leur identité. J’ai choisi l’angle du Glamour comme approche de l’empouvoirement, car il fait appel à l’illusion, à l’imagination et au fantasme. Le terme Glamour englobe tout ce qui est acte créateur humain qui tutoie le surréel.

Au chaos de la déconstruction, je propose l’art comme antidote pour créer une alternative aux systèmes d’oppression qui affectent notre confiance, l’affirmation de nos valeurs et de nos idées et qui entravent l’expression de soi.

En plus d’une formation certifiante de coaching sur 12 mois et d’un training auprès de la Feminsit Coaching Academy, j’alimente ma pratique de lectures, de rencontres et d’actions, notamment à travers l’association Sironastra que j’ai fondée avec deux amies.

En perpétuel questionnement de mes pratiques, ma position n’est aucunement celle d’un parangon du féminisme intersectionnel, mais bien d’une professionnelle engagée dans ce processus continu d’amélioration et d’éducation.

 

Mes sources pour construire l’épisode

Laura S. Brown,Feminist Therapy , Theories of Psychotherapy Series, American Pychological Association, 2018.
 
Fresnau Marion, L’intersectionnalité, c’est quoi ?, Tilt, publié le 29 juin 2021, consulté le 11 juillet 2022, https://www.tilt.fr/articles/lintersectionnalite-cest-quoi
 
Feminist Coach Academy, An Introduction to Feminist Coach Theory & the Feminist Coach Academy, publié le 13 décembre 2019, consulté le 12 janvier 2022, https://feministcoachacademy.com/ep-1-feminist-coach-theory/
El Gharib Sarah, What Is Intersectionality and Why Is It Important?, Global Citizen, publié le 17 février 2022, consulté le 11 juillet 2022, https://www.globalcitizen.org/en/content/what-is-intersectionality-explained/

Repensons ensemble les règles du jeu

Explorons les voies pour s’affirmer dans son activité et sa communication avec La Missive. Une newsletter mensuelle dans laquelle je glisse des contenus exclusifs, des recommandations féministes et glamour ainsi que des outils de mise en pratique.

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